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Définition : Custom

Cruisers et motos personnalisées, avec du couple, du chrome et le fameux "potato, potato"

Un terme à double sens pour les motards francophones, comme le bicylindre en V qui en est le symbole

Quand on parle de custom, on pense immédiatement aux motos américaines, avec une vision largement popularisée par les films depuis Easy Rider. Mais définir le custom est plus compliqué qu'il n'y parait, déjà à cause de l'utilisation de ce terme bien plus large que la définition restreinte que l'on en fait en France.

Harley-Davidson UH de 1937
Harley-Davidson UH de 1937

La personnalisation des motos

A l'origine, le terme Custom, tiré de l'anglais customization, fait référence aux véhicules qui ont été personnalisés sur le plan technique et/ou esthétique. C'est à partir des années 1950 que le mot a commencé à être utilisé pour qualifier les personnalisations issues du mouvement de la Kustom Kulture qui fut notamment popularisée à travers le cinéma.

L'univers regorge de sous-genres depuis les premiers Bobbers de l'après-guerre aux excentriques choppers. Sur le strict plan littéral, le Tuning des années 2000 ou les Café Racers sont eux aussi des customs.

Chopper Captain America d'Easy Rider
Chopper Captain America d'Easy Rider

Et dans cet univers, 95% des propriétaires de Harley-Davidson personnalisent leur moto. Et le terme a donc évolué dans sa signification en France pour progressivement qualifier le style typique des motos américaines qui répondait alors au nom de cruiser (que l'on peut traduire par "voyageur"). D'ailleurs, si cette différence peut être assez floue pour de nombreux motards de l'hexagone, elle l'est moins chez les Anglo-saxons où les cruisers et customs sont clairement différenciés.

L'amalgame des cruisers

Le custom, ou cruiser, désigne donc une moto "à l'américaine", taillée pour les longues routes rectilignes d'outre-Atlantique avec une géométrie privilégiant la stabilité et la détente à la sportivité et au dynamisme. Selle basse, empattement long, angle de chasse important, garde au sol réduite et prise d'angle limitée sont parmi les points récurrents de ces machines. La position de conduite est également très typée avec les pieds positionnés vers l'avant, un guidon souvent haut et une position plus ou moins arquée.

Position de conduite typique des cruisers américains
Position de conduite typique des cruisers américains

A l'inverse des motos plus sportives, ici ce sont le couple et l'accélération qui sont favorisés et non pas les vitesses de pointe. Le caractère du moteur, traditionnellement un bicylindre en V de grosse cylindrée, est également un aspect primordial, surtout s'il est associé à un joli son : le fameux "potato, potato, potato". Un son tellement unique que Harley a essayé de déposer/protéger ce fameux son en 1994 avant d'y renoncer.

Les constructeurs ont par ailleurs fait évoluer leurs gammes pour les segmenter selon les utilisations et en reprenant notamment les codes de certains custom bike, au sens premier du terme (histoire de nous embrouiller encore un peu plus), avec des "Touring" plus enclins aux longs voyages, des bobbers taillés pour le style, des baggers équipés de sacoches ou des cruisers pensés pour la balade.

Indian Scout Bobber
Indian Scout Bobber

D'abord concurrencé par son rival de toujours Indian Motorcycle, Harley-Davidson a ensuite longtemps été un des seuls sur ce créneau, le constructeur de Milwaukee ayant toujours maintenu le cap au niveau de sa production jusqu'à proposer l'ultime modèle avec le V-Rod, avec un succès modeste. Il faut attendre les 70's pour voir les Européens s'y mettre puis le milieu des années 1980 pour assister à l'arrivée des constructeurs japonais. Ces derniers ont d'ailleurs eu une certaine tendance à s'inspirer des productions de Milwaukee en ne s'appuyant que sur du V-Twin pour propulser leurs cruisers, mais sans jamais vraiment s'imposer devant le constructeur américain au niveau des ventes.

Tous ? Non, Honda a régulièrement tenté de faire bouger les codes avec ses DN-01, Vultus, Goldwing F6C et autres CTX au style résolument différent.

La Vultus, ou quand Honda décide d'exploser les codes esthétiques du cruiser
La Vultus, ou quand Honda décide d'exploser les codes esthétiques du cruiser

Yamaha a également changé la donne dans les années 80 en inventant avec la V-Max le Power Cruiser. Le style va d'ailleurs être repris un peu partout avec une multiplication des modèles depuis la Harley-Davidson V-Rod aux dernières Ducati xDiavel en passant par les Triumph Rocket III.

La Yamaha V-Max à l'origine des Power Cruiser
La Yamaha V-Max à l'origine des Power Cruiser

Alors qu'Indian Motorcycle revient très fort (avec au passage la disparition de sa soeur Victory Motorcycle) entre Scout, Scout Bobber et Chieftain (mais pas seulement) et que Harley-Davidson est toujours au premier plan avec plus de 30 modèles, les constructeurs européens ont quasiment abandonné ce style américain pour se concentrer sur des cruisers plus technologiques ou plus puissants qui ne partagent finalement plus que la philosophie, mais dans un format totalement différent. Seul Moto Guzzi propose encore des gros V-Twin plus traditionnels, mais de façon longitudinale et non plus transversale. Même constat chez les Japonais qui ont peu à peu vu disparaître leurs modèles, à l'image de Suzuki et Kawasaki qui n'en proposent plus aucun, ou de Yamaha et de Honda qui ne disposent plus que d'une ou deux références chacun. Adieu donc Honda F6C, Kawasaki VN 2000 et surtout Yamaha Wildstar et autre Midnight Star.

Et pourtant, les Honda Shadow, Yamaha XVS Dragstar ont permis à de nombreux motards d'accéder à la moto avec ces 125 cm3 économiques et leur selle basse permettant aux plus petits gabarits de mettre bien les pieds à terre avec une facilité de conduite à la clef.

BMW K1600 Gran America, le bagger européen moderne
BMW K1600 Gran America, le bagger européen moderne

Le cruising est-il mort pour autant ? Certainement pas et avec la hausse constante de la répression contre la vitesse, les motos procurant un maximum de sensations à bas régime ont encore de beaux jours devant elles

Plus d'infos sur les customs et cruisers

Commentaires

Dblz

Sur la conclusion : Oui quitte à se trainer à 80-90, il faut chercher son plaisir ailleurs. En ce qui me concerne : gros twin longue course 2 soupapes bien rugueux.

13-03-2019 09:28 
Dblz

Encore moi :

Vous dites "Moto Guzzi" ... "mais de façon longitudinale et non plus transversale"

Le "non plus" semblerait sous entendre qu'un temps Moto Guzzi aurait proposé du v-twin longitudinal, et ensuite serait passé au transversal.

Je rappelle que l'architecture v-twin transversal de Guzzi provient historiquement de l'ingénieur initial, qui avait bossé sur des moteurs d'avions "en étoile" (avec des cylindres répartis tout autour de l'hélice) pendant la 2e guerre mondiale, et une fois la guerre terminée, il a conservé le même principe pour ses moteurs de moto, mais en ne conservant que les 2 cylindres les plus en haut.

Les twins Moto Guzzi de ce type ont donc toujours été transversaux.

13-03-2019 10:42 
L'iguane

Sauf qu'ils sont longitudinaux.

13-03-2019 12:23 
Joloba

Non, non : le terme longitudinal ( et transversal) désigne la position du villebrequin par rapport à l'axe de la moto.Celui des Moto Guzzi n'est pas en "travers" de la moto, mais en "long"
C'est donc bien un bicylindre longitudinal.
d'autres motos avaient des moteurs de ce type : la MST et la Honda Paneuropean (mais en 4 cylindres)

13-03-2019 13:17 
cricridu34

@Dblz: "mais de façon longitudinale et non plus transversale" c'est par comparaison entre les moteurs HD, Indian et autres cités dans l'article et les moteurs Guzzi.

13-03-2019 14:35 
 

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